Classé dans : Egonies

Cette année, on a eu un 29 février. Je me souviens parfaitement parce qu’il suivait le 28. Je me rappelle l’odeur du bois, une pièce encore vide de souvenirs, cette atmosphère chimique, insoutenable, cette suite improbable. La clepsydre a fait écouler neuf mois (tiens, neuf mois). Neuf mois de vérités, souvent brûlantes, toujours déconcertantes. Je ne veux pas arrêter les frais. Ni l’humide. Toute vérité serait-elle encore bonne à dire en amour ? C’est quoi l’amour au juste ? Se sentir compris, protégé, admiré, reposé ? Brusqué, éveillé, en vie, insouciant, envahi, chamboulé ? On est bien à deux, quand on se sent presque aussi bien que si on était seul. J’ai besoin d’être tourmentée, enrichie, pour être complète. Je m’ennuie quand je n’apprends pas. Hier, j’ai eu envie de m’endormir près de toi. Et demain ? Demain, je veux que tu portes ma tête fatiguée, que tu m’emmènes loin de tous ces casques qui ne partagent rien, pas même une mélodie. Je veux qu’on regarde une étoile. Toi à gauche, moi à droite, l’étoile à équidistance. Je veux qu’on lui crie toutes nos vérités. Une fréquence qui hypnotiserait les étoiles, les casques, la réalité. Une fréquence qui nous laisserait partir. Doucement. Librement. Ensemble. Sans avoir peur.

