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Les jambes en coton, un silence qui ferait résonner la soie sur le parquet. Une chimie rare, déconcertante. Des images nouvelles. Des souvenirs déjà, dans un espace qui m’appartient à peine. Comme prise d’une migraine ophtalmique, focalisant sur cinq centimètres carrés brûlants d’humidité, tremblants de vérités. Wonder woman qui, dans son tourbillon de métamorphose, fondrait comme Amélie Poulain devant trois miettes de sucre. Quelque mot passionné enfoui sous la pudeur, l’horloge et la raison. Une âme frôlée. Des gestes censurés. Un scénario improbable. Des milliards de questions au sujet de quelques lignes que je n’ai pas lues dans une cuisine que je n’ai pas regardée. Pas faim, pas même envie de me goinfrer de chocolat. Quelque part entre vidée et soudainement ressourcée. En vie, c’est précisément ça. Chacun dans la sienne.
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Si vous n’avez rien de mieux à faire le samedi 1er mars, c’est par ici que ça se passe. Au programme : Pas de machine à laver, pas de canap, juste un gros meuble et quelques cartons. Le reste sera déjà sur place. Avis aux amateurs d’une bonne petite bouffe ensuite !

Un papillon m’a offert 4 bulbes de chance. Voici ce qu’on peut lire sur cette boîte à bonheur : Dissoudre la plaquette de terre déshydratée dans 2 fois son volume d’eau (Des chiffres et des mesures, c’est pas gagné). Remplir le pot et planter les bulbes tête en haut, arroser (Disent pas combien cette fois, j’espère que j’ai pas eu la main lourde). Placer dans un endroit frais pour obtenir de beaux trèfles en 3 semaines (3 semaines, la vache, suis définitivement pas patiente). Résultat sur mon bureau dans 3 semaines. Photos de l’évolution bientôt.
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Hier soir, en me brossant les dents (c’est précisément là que je prends mes plus grandes décisions), j’ai eu une folle envie de déménager. Sans conviction (parce qu’il faut toujours douze visites avant de voir un truc sympa), je note quelques adresses à la pause déjeuner et j’appelle immédiatement en rentrant du boulot. Après quelques « déjà loué mademoiselle », un homme au premier abord fort désagréable me propose une visite le lendemain ou… dans le quart d’heure. Je glisse dans mes escaliers, manque de m’étaler dans la cour, comme trois matins sur cinq sous la pluie, traverse le hall aux odeurs propres à Lille centre et Roubaix city, je monte dans le cendrier qui me sert ces jours-ci de voiture et j’arrive rue du Lombard. Une petite porte, deux étages, encore une porte, des escaliers poussiéreux, une dernière porte de fermette et je découvre une merveille qui remuerait la créativité d’un comptable. Une pièce immense, des mètres de hauteur à peindre, des poutres partout, aucune autre porte que celle de la salle de bains. Un parquet digne de ce nom, des radiateurs autres que ces merdes électriques. Du bonheur. Je propose d’emménager, de faire la déco et quelques aménagements. Négociation oblige, contre quoi monsieur ? Aucun loyer à payer pendant un mois, le choix des couleurs et des matériaux. Un mois d’éclate totale pour un vrai chez-moi bientôt. La place pour un chevalet, la fibre déjà installée pour le pc et quasiment le même prix que mon petit appart dans lequel ma table basse me sert de bureau, de table et presque de lit. Je passe finalement une heure avec ce monsieur fort sympathique. Je vérifie le quartier, quelques restos, un sex-shop, une boulangerie, le métro à 50 mètres, l’opéra à 4 minutes à pieds. Je donne une réponse définitive demain matin. Je crois que j’ai une vague idée.
C’est effectivement la seule réaction que puisse avoir un être sensiblement constitué en sortant de Myth, la dernière chorégraphie de Sidi Larbi. Pas ce Ouaahh un tantinet exagéré qu’on a quand on complimente quelqu’un parce qu’il s’est plié en huit pour nous plaire. Un Ouah bref, scotché, bouleversé. S’il faut mettre autre chose qu’une onomatopée sur cette merveille, je dirais que c’est une explosion de sentiments entre la différence, son acceptation, la courtoisie, l’attention, l’écoute, l’enseignement, le partage. Le choc des rencontres, le désir, la bestialité, la souffrance, la fusion, l’amour. Le questionnement, l’ambivalence, la quête de l’identité, le plein mouvement, la foi, la construction, l’accomplissement. Une explosion de couleurs, de costumes fantasmagoriques, de musiques médiévales et de répliques franco-homo-germano-bien-placées qui retentissent. C’est vrai, puissant, joli, ça donne envie. Envie d’imaginer d’autres langages pour échanger en haut à droite de l’escalier avec ce cher inconnu, le différent.
“La vie ne se fait pas que dans les livres, tu sais”.



