Classé dans : Stückgut
Au théâtre, il existe plusieurs types de rideaux. Le plus connu est le rideau d’avant-scène. Dans le vocabulaire technique, charger un rideau à la parisienne, c’est le laisser tomber brutalement. L’image de Paris et de sa vie trépidante peut prendre une nuance péjorative de travail bâclé et amener le chef machiniste à dire : « Ton rideau (ton châssis), c’est un peu à la parisienne ! ». L’expression « à l’amoureuse » équivaut à manœuvrer délicatement le rideau. Charger un rideau à l’amoureuse, c’est veiller à ne pas le laisser retomber brutalement et par à-coups comme c’est trop souvent le cas. Jolie perception de l’amour comme acte d’attention.
(La troupe du Roy)
Small lies, tiny heart
Your journey has worn you out
I see nothing but shame in your smile
A lost bird’s flying high
Old face, tired ears
Wrong turnings and souvenirs
I see hundreds of memories when you say
A lost bird remembers
C’mon choose a day
To say what you have to say
To ask me to come and play in the clouds
I’m a lost bird in a clear sky
Slow down need a rest
Will settle around your nest
I thought I could be your guest
For a while
I’ve had my wings for rent
I fly by accident
I’ve never been sane it’s a lie
C’mon give a hand
Welcome me as a friend
Free to come back again anytime
I’m a lost bird in a clear sky
(Syd Matters)
Classé dans : Egonies

Une amie québecoise m’a demandé de lui expliquer le mot sensibilité. Pour elle, un être sensible est celui qui pleure facilement. Des larmes de bonheur, de rire, de désir, de plaisir, de profonde tristesse, de nostalgie, de colère, de douleur, d’émerveillement (…) oui, c’est de la sensibilité. Mais pas seulement. J’ai tenté de poser des traits sur ce mot, quelque réaction, un prénom familier, elle hochait la tête mais je voyais bien qu’elle ne comprenait pas. Une sensibilité artistique, c’était déjà plus clair. Quand j’ai parlé de grâce, elle a enfin suivi. Puis elle m’a demandé si c’était mon choix que de vivre seule. Là, c’est moi qui ai séché. J’ai repensé le temps d’un feu rouge à quelques conversations récentes sur le peu d’attention que je me porte, le soin que j’offre à mon corps ou à mon estomac. C’est drôle comme les gens m’imaginent sévère avec moi-même, le suis-je à ce point avec eux ? Quoi qu’on en pense, je mange des kinder bueno, je dors (pas assez, certes), j’apprends à me détendre, à ne rien faire, à me hammamer pendant trois heures. Je sors, je vis, je partage avec mes amis. J’ai besoin de fermer mes volets (trop) souvent pour rester seule avec moi-même. Apprendre à se connaître est le premier des soins. Ce besoin de solitude reste définitivement incompris. Ca ne veut pas dire que je suis solitaire. J’aime les hommes (et, non, pas les nanas, si telle était la question), seules les rencontres m’enrichissent, qu’elles soient intellectuelles, musicales ou furtives. J’aurais du lui donner “poésie” comme synonyme. Oui, c’est un choix de vivre seule. Le choix de pouvoir choisir, justement. Tant que je n’aurai pas trouvé quelques grammes de poésie et ce respect de mon indépendance, tant que mon téléphone sonnera huit fois par jour pour vérifier avec qui je (ne) suis (pas) ou à quelle heure je rentre, oui, je préfèrerai vivre seule. L’amour consiste à être bête ensemble. C’est précisément ça la poésie. Réussir à combiner la Passion et la liberté, en présence de l’autre, d’être bête et spontané. On est bien avec l’autre quand on est aussi bien que si on était seul.





